Nozzle a publié le 10 octobre une étude menée sur 27,5 millions de SERP collectées dans 49 pays. Depuis la mi-septembre, Google sert aux outils de suivi de position des pages de résultats complètes, d'apparence normale, mais aux résultats faux. Barry Schwartz a compilé le 12 octobre les réactions du secteur sur Search Engine Roundtable. Sistrix, DataForSEO, SE Ranking et Advanced Web Ranking ont tous publié des notes d'incident. Google n'a fait aucun commentaire.
- Depuis le 13 septembre, 8 % des SERP servies aux rank trackers sont « empoisonnées » : les sites habituels du top 10 disparaissent, avant de revenir sous trois jours (78 % des cas).
- Au pic du 27 au 29 septembre, environ un quart des SERP collectées étaient fausses, avec Reddit, Facebook et Quora insérés à la place des sites suivis.
- Une chute brutale dans un outil avec des impressions stables dans Search Console est très probablement une donnée polluée, pas une vraie perte de position.
Une page complète, un code 200, et des résultats faux
Le mécanisme est plus vicieux qu'un blocage. D'après Derek Perkins, fondateur de Nozzle, Google combine trois armes. Il bloque massivement les adresses IP des proxies résidentiels, multiplie les captchas et injecte de fausses données dans les SERP servies aux requêtes suspectes. La page renvoyée est complète, sans erreur ni captcha. Mais ses résultats ne correspondent pas à l'historique du mot-clé : seuls 20,7 % des sites organiques de la SERP précédente y figurent encore, contre 88,5 % en temps normal. Dans 58,6 % des SERP empoisonnées, le site suivi sort du top 10.
Google ne refuse pas ces requêtes : il y répond avec une page complète dont les résultats sont faux. Une requête refusée est relancée ; une page empoisonnée est enregistrée comme vraie.
C'est le quatrième tour de vis en un an. Google a retiré le paramètre num=100 en septembre 2025, ce qui a multiplié par dix le coût de collecte selon Semrush. Il a déployé les redirections google.com/goto à l'été 2026 : jusqu'à 1 000 requêtes pour résoudre les liens d'un seul mot-clé sur cinq pages, toujours selon Nozzle. Début octobre, il a servi pendant une semaine des SERP tronquées à 8 ou 9 résultats, documentées par Morningscore. L'empoisonnement va plus loin : les données fausses s'enregistrent en silence dans les bases des outils.
Les outils encaissent inégalement. Glenn Gabe a observé qu'Ahrefs a détecté vite la récupération d'un site touché par la spam update de septembre, quand Semrush traînait et que Sistrix la manquait. Lily Ray juge les rank trackers « trop peu fiables en ce moment ». Dr Pete Meyers, qui vient de céder MozCast, résume : Google ne rend pas la maintenance facile. Deux réserves tout de même. Nozzle vend du suivi de position, l'étude sert donc aussi sa communication. Et sa méthode ne détecte l'empoisonnement que sur les mots-clés à historique stable : le phénomène réel peut être plus large ou plus étroit.
Mon avis : notable, pas un basculement. Pour une agence française qui pilote ses clients au ranking quotidien, trois semaines de données sont suspectes et les reportings d'octobre doivent être annotés. Sur le fond, Google assume de dégrader les outils tiers pour contrer le scraping des IA. Les SEO sont des dommages collatéraux.
Comment trier vos données des trois dernières semaines
Si vous suivez vos positions avec un outil tiers, toute chute brutale depuis le 13 septembre doit être contre-vérifiée avant d'être annoncée à un client. Le croisement le plus simple passe par Search Console. Un site qui « disparaît » du top 10 dans l'outil mais garde ses impressions et ses clics dans le rapport Performances n'a pas bougé. Une donnée empoisonnée est aussi éphémère : 80 % des sorties ne durent qu'un relevé, le retour se fait en deux jours en médiane. Une vraie perte de position persiste.
Si vous gérez des mots-clés locaux ou longue traîne, redoublez de prudence. Les requêtes « près de moi » sont empoisonnées à 11,4 %, contre 5,3 % pour les requêtes de marque. Et si vos courbes d'octobre montrent une percée soudaine de Reddit, Quora ou Facebook sur vos mots-clés, c'est la signature du phénomène, pas une vraie tendance SERP.
- Liste les chutes de position détectées par ton outil depuis le 13 septembre et croise chacune avec les impressions du rapport Performances de Search Console sur la même période.
- Vérifie l'historique de chaque mot-clé douteux sur plusieurs semaines : une sortie du top 10 qui se corrige en 48 heures est une donnée empoisonnée, annote-la dans tes reportings.
- Avant d'annoncer un mouvement à un client, contrôle la requête en navigation privée avec une géolocalisation propre, comme le recommande Alex Wolk.
Sources
- Nozzle - Poisoned Google SERPs (10 octobre 2026)
- Search Engine Roundtable - Third-Party Google Rank Tracking Struggling Now (12 octobre 2026)
- PPC Land - Google forces rank trackers into 500 to 1,000 requests per query (septembre 2026)
- Morningscore - Google gave rank trackers truncated results for a week (octobre 2026)
- Advanced Web Ranking - Why your tracked rankings no longer match (octobre 2026)
Source : Nozzle.io
Cet article a été rédigé avec l’assistance d’un modèle de langage (LLM).